Le dieu protecteur du fleuve Zambèze

Nyami Nyami, qu’on appelle aussi dieu du fleuve Zambèze ou esprit du serpent, a, selon la légende, créé la vie sous ses multiples formes sur le fleuve Zambèze, l’un des principaux fleuves d’Afrique. Long de 2 750 kilomètres, ce fleuve prend sa source en Zambie, puis traverse le Botswana, le Zimbabwe et le Mozambique, avant de se jeter dans l’océan indien.

Nyami Nyami peut s’apparenter à un dragon au corps tourbillonnant, ou bien à un serpent aquatique à la tête de poisson !

Un dieu protecteur et porte-bonheur

Il protège le peuple Tonga (ou Batonga), présent en Zambie, au Zimbabwe et au Malawi, notamment contre la famine et la sécheresse de l’été. Et constitue ainsi une sorte de porte-bonheur, qui se décline en statues, bijoux, cannes, qu’ils soient sculptés dans le bois, dans de l’ivoire voire dans l’or : la source de nombreux objets et souvenirs pour l’économie et le tourisme locaux.

Quand le dieu fait obstacle au barrage

Si l’on en croit la légende, en 1956, le projet de construction d’un barrage hydro-électrique sur le lac Kariba (entre la Zambie et le Zimbabwe), a rompu la vie paisible du peuple Tonga, qui habitait la vallée du Zambèze depuis des générations. Lorsqu’on leur a demandé de quitter de force cet emplacement, ce peuple estimait que Nyami Nyami, le dieu du fleuve Zambèze, ne laisserait pas faire la construction de ce barrage ! En effet, selon eux, ces travaux séparaient le dieu de sa femme, déesse des gorges de Kariba.

Apaiser la colère du dieu

Et ce présage semble être devenu réalité ! Même pas 1 an après que le projet ait été lancé, de terribles inondations ont détruit le barrage en construction et tué plusieurs ouvriers, sans que l’on puisse retrouver leurs corps. Pour les anciens du peuple Tonga, une seule explication à ce drame : ce sacrifice en vies humaines était le seul moyen de calmer la colère de Nyami Nyami. Après qu’un veau noir ait été sacrifié et jeté dans le fleuve, les cadavres des ouvriers ont alors pu être retrouvés au même endroit.
Si d’autres inondations se sont produites par la suite, toujours attribuées selon le peuple Tonga au courroux de Nyami Nyami, la construction du barrage a tout de même pu s’achever en 1977.

Le peuple Tonga continue cependant à célébrer leur dieu Nyami Nyami par des danses, cérémonies et sacrifices destinés à apaiser ses accès de colère et à assurer la prospérité de la population.

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